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                                    appel %u00e0 des fabricants comme Aubusson. Les laques du pavillon sont dues %u00e0 Jean Dunand qui %u0153uvrera bient%u00f4t sur les paquebots Ile-de-France (1927) et Normandie (1935), les bas-reliefs sont l%u2019%u0153uvre d'Antoine Bourdelle et les ferronneries d%u2019Edgar Brandt.Le pavillon d%u2019une ambassade fran%u00e7aise, r%u00e9alis%u00e9 par la Soci%u00e9t%u00e9 des Artistes d%u00e9corateurs sous le patronage du minist%u00e8re des Beaux-Arts, comprend %u00e0 la fois des espaces de repr%u00e9sentation et des espaces intimes. Les visiteurs y admirent le mobilier de Ruhlmann, le hall de Mallet-Stevens, le fumoir de Francis Jourdain, la salle %u00e0 manger de Georges Chevalier, la chambre d'Andr%u00e9 Groult, auteur du c%u00e9l%u00e8bre chiffonnier, et le bureau-biblioth%u00e8que de Pierre Chareau, aujourd'hui reconstitu%u00e9 au Mus%u00e9e des Arts d%u00e9coratifs. Ce dernier espace, dont le plan est circulaire, est surmont%u00e9 d%u2019une coupole, %u00e9tay%u00e9e par deux colonnes, d%u2019o%u00f9 %u00e9mane la lumi%u00e8re. Les parois sont rev%u00eatues de bois de palmier et certaines sont %u00e9quip%u00e9es de rayonnages de biblioth%u00e8que. Dans l%u2019espace lib%u00e9r%u00e9, au centre de la pi%u00e8ce, un bureau %u00e0 pans coup%u00e9s et un fauteuil sont plac%u00e9s sur un tapis dont le motif a %u00e9t%u00e9 con%u00e7u par Jean Lur%u00e7at. Notons pour la petite histoire (mais le fait est significatif) que Mallet-Stevens avait pr%u00e9vu de placer dans le hall de l%u2019ambassade des tableaux de Fernand L%u00e9ger et de Robert Delaunay mais le commissaire g%u00e9n%u00e9ral de l%u2019exposition, Paul L%u00e9on (selon certaines versions, il s%u2019agirait plut%u00f4t du ministre des Beaux-Arts), n%u2019appr%u00e9cia que mod%u00e9r%u00e9ment cette production cubiste et la fit d%u00e9placer%u2026 Par contre, il faut bien avouer que le pavillon belge n' est pas une r%u00e9ussite. Aux commandes, un Victor Horta particuli%u00e8rement peu inspir%u00e9. Le portique d%u2019entr%u00e9e abrite des statues de Pierre Braecke symbolisant l%u2019Art d%u00e9coratif tandis que le sommet de la tour est surmont%u00e9 d%u2019une statue de Marcel Wolfers. Les fa%u00e7ades du pavillon, pourtant rythm%u00e9es par des piliers verticaux, paraissent lourdes et emp%u00e2t%u00e9es, elles rappellent celles du palais des Beaux-Arts de Bruxelles %u00e9difi%u00e9 au m%u00eame moment. Pour l%u2019int%u00e9rieur et plus particuli%u00e8rement pour les portes, les cours et les salles %u00e0 colonnades, il semble que l%u2019architecte se soit laiss%u00e9 influencer par la mode de l%u2019%u00e9gyptomanie (le tombeau de Toutankhamon avait %u00e9t%u00e9 d%u00e9couvert en 1922). Au nombre des points positifs, Marcel-Louis Baugniet r%u00e9alise une partie du mobilier, notamment une table %u00e0 th%u00e9 ronde avec un pi%u00e9tement carr%u00e9, d%u2019allure plut%u00f4t moderniste, tr%u00e8s r%u00e9ussie, qui fut r%u00e9alis%u00e9e dans des bois pr%u00e9cieux par les %u00e9tablissements Blondel. La \commune flamande\r%u00e9gionale modernis%u00e9e\la plus florissante de l%u2019entre-deux-guerres en Belgique. L%u2019atmosph%u00e8re de la pi%u00e8ce %u00e9tait tr%u00e8s cossue avec ses fauteuils club, sa table imposante et ses lambris travaill%u00e9s. L%u2019exposition de 1925 donna n%u00e9anmoins l%u2019id%u00e9e %u00e0 de multiples enseignes de se lancer par la suite comme ensembliers. Les grands magasins 33
                                
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