Page 31 - Demo
P. 31
La marionnette %u00e0 tringle de Bruxelles reconnue Patrimoine de l%u2019UNESCOEn d%u00e9cembre 2025, la pratique de la marionnette %u00e0 tringle de Bruxelles a %u00e9t%u00e9 inscrite sur la Liste repr%u00e9sentative du patrimoine immat%u00e9riel de l%u2019humanit%u00e9 de l%u2019UNESCO. Cette reconnaissance a %u00e9t%u00e9 officialis%u00e9e le 7 mai au Th%u00e9%u00e2tre royal de Toone, le seul a pratiquer encore cette activit%u00e9. Les marionnettes %u00e0 tringle s%u2019inscrivent dans une longue tradition populaire bruxelloise. Cette pratique t%u00e9moigne d%u2019un artisanat local et d%u2019une technique de manipulation qui prend sa source dans des %u00e9changes multiculturels europ%u00e9ens, puisqu%u2019elle est inspir%u00e9e de traditions italiennes, arriv%u00e9es dans nos r%u00e9gions %u00e0 la Renaissance gr%u00e2ce aux th%u00e9%u00e2tres forains itin%u00e9rants.En Belgique, les th%u00e9%u00e2tres de marionnettes se d%u00e9veloppent au XVIe si%u00e8cle, suite %u00e0 la d%u00e9cision de Philippe II d%u2019Espagne de fermer les th%u00e9%u00e2tres de crainte qu%u2019ils ne deviennent des lieux de rassemblement hostiles %u00e0 son autorit%u00e9. Les Bruxellois d%u00e9veloppent alors de petits th%u00e9%u00e2tres clandestins mettant en sc%u00e8ne des poechenelles (polichinelles) en lieu et place des com%u00e9diens, ce qui permet une grande libert%u00e9 de ton. Les spectacles s%u2019adressent %u00e0 un public adulte des quartiers populaires, c%u2019est %u00e0 la fois un divertissement et un moyen d%u2019acc%u00e8s %u00e0 la culture pour des personnes qui ne fr%u00e9quente pas le th%u00e9%u00e2tre. Le r%u00e9pertoire est tr%u00e8s vari%u00e9 : l%u00e9gendes, histoires de chevalerie, op%u00e9ras, pi%u00e8ces historiques ou religieuses. Les textes sont parodiques et revisit%u00e9s pour %u00e9voquer avec humour des faits d%u2019actualit%u00e9 ou brocarder l%u2019autorit%u00e9. Jusqu%u2019au d%u00e9but du XXe si%u00e8cle, les th%u00e9%u00e2tres de marionnettes sont un divertissement tr%u00e8s pris%u00e9. L%u2019apparition d%u2019autres distractions (radio, cin%u00e9ma, t%u00e9l%u00e9vision) engendre leur disparition progressive. L%u2019histoire du th%u00e9%u00e2tre de Toone (diminutif d%u2019Antoine) d%u00e9bute vers 1830. Antoine Genty (Toone I) ouvre un poechenellekelder, une cave %u00e0 marionnettes, dans les Marolles. Apr%u00e8s une p%u00e9riode de plein succ%u00e8s au XIXe si%u00e8cle, avec, notamment, Toone III, dont le r%u00e9pertoire compte un millier de pi%u00e8ces. Le d%u00e9clin s%u2019amorce au d%u00e9but du XXe si%u00e8cle et contraint Toone V %u00e0 vendre ses marionnettes. Pour sauver ce pr%u00e9cieux patrimoine le groupement Les Amis de la marionnette se mobilise dans les ann%u00e9es%u201930. Un m%u00e9c%u00e8ne, le sculpteur et joaillier Marcel Wolfers, rach%u00e8te les marionnettes pour permettre au th%u00e9%u00e2tre de Toone de poursuivre ses activit%u00e9s. En 1963, Toone VII (Jos%u00e9 G%u00e9al), reprend le flambeau et redonne toutes ses lettres de noblesse %u00e0 cet art populaire, en l%u2019ancrant d%u00e9finitivement dans les b%u00e2timents de l%u2019actuel Th%u00e9%u00e2tre royal de Toone. Depuis 2003, c%u2019est son fils, Nicolas G%u00e9al, qui officie en tant que Toone VIII.Th%u00e9%u00e2tre royal de Toone : http://www.toone.be

