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                                    %u00eatre compens%u00e9e par les sculptures d%u2019Antoine Bourdelle. Il con%u00e7oit aussi une ossature de b%u00e9ton. Les entrepreneurs, les fr%u00e8res Perret, critiquent le projet, le jugeant mat%u00e9riellement impossible %u00e0 r%u00e9aliser. En cons%u00e9quence, ils %u00e9laborent de nouveaux plans. La collaboration entre l%u2019architecte et les entrepreneurs vire %u00e0 l%u2019aigre et Van de Velde jette l%u2019%u00e9ponge. Dans un Paris habitu%u00e9 au style %u00e9clectique et aux \compar%u00e9es par certains %u00e0 de l%u2019architecture \pourtant le Palais de Chaillot, construit vingt ans plus tard. \d%u00e9licate g%u00e9om%u00e9trie du foyer, au dessin des balustrades, ils sont les pr%u00e9mices d%u2019une esth%u00e9tique Art d%u00e9co qu%u2019Auguste Perret refusera pourtant toujours de cautionner. Sous-jacente dans de nombreux projets d%u2019am%u00e9nagements int%u00e9rieurs, cette tentative d%u00e9corative est chez lui contenue par une primaut%u00e9 de la v%u00e9rit%u00e9 constructive, mais aussi par une strat%u00e9gie d%u2019opposition qui trouve son point d%u2019orgue avec l%u2019Exposition de 1925\L%u2019Exposition internationale des Arts d%u00e9coratifs et industriels modernes de 1925 Imagin%u00e9e d%u00e8s 1905, pr%u00e9vue pour 1912, puis en 1915, la grande exposition centr%u00e9e sur les arts d%u00e9coratifs est finalement retard%u00e9e en raison de la Premi%u00e8re Guerre mondiale. L'Exposition internationale des Arts d%u00e9coratifs et industriels modernes comme elle se nomme se tient %u00e0 Paris d'avril %u00e0 octobre 1925. Situ%u00e9e entre l'esplanade des Invalides et les abords des Grand et Petit Palais, l'exposition regroupe les pavillons des r%u00e9gions de France et des grandes nations invit%u00e9es (elles sont vingt et une) mais aussi des pavillons r%u00e9alis%u00e9s par de grandes maisons fran%u00e7aises qui sont autant d%u2019enseignes de luxe comme Coty, Bourjois, Houbigant, Guerlain ou Roger-Gallet. Les maisons de couture telles Chanel, Vionnet, Worth, Callot, Lanvin, Poiret%u2026 ont r%u00e9pondu pr%u00e9sent, elles occupent une partie des espaces du Grand Palais ainsi que le pavillon de l%u2019El%u00e9gance. Quatre mille personnes se pressent %u00e0 l'inauguration le 28 avril. Des milliers de visiteurs parcourent chaque jour les all%u00e9es pendant les six mois de la manifestation qui peut %u00eatre consid%u00e9r%u00e9e comme un vrai succ%u00e8s.L%u2019Illustration, dans son premier reportage sur l%u2019exposition (28 avril 1925) salue le retour d%u2019un art fran%u00e7ais \dont on retient le nom, tels que Louis S%u00fce et Andr%u00e9 Mare, Michel Roux-Spitz, Joseph Marast, Albert Laprade, Eric Bagge entre autres, sont tous architectes mais ils d%u00e9fendent un art total, incluant mobilier, jardins, luminaires, voire objets de d%u00e9coration. Tous militent pour une nouvelle architecture sobre et claire. Il s%u2019agit pour eux de retrouver un certain %u00e9quilibre, une certaine puret%u00e9 et cette qu%u00eate est sous-tendue par le recours aux savoir-faire et aux techniques artisanales que d%u2019aucuns jugent menac%u00e9s par l%u2019action de puristes excessifs comme Le Corbusier. Les pavillons des grands magasins parisiens (Magasins du Louvre, Au Bon 31
                                
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