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CAM%u00a0: Vous avez chacun votre sp%u00e9cialit%u00e9?R. P.%u00a0: Moi, je fais tout ce qui est mise en volume donc je recr%u00e9e le volume initial m%u00eame quand il manque des parties. S%u2019il faut recr%u00e9er un doigt, une aile, une anse de tasse, tout est possible, soit par moulage ou par sculpture. Une fois que le travail est invisible au toucher, Patrice prend le relais.CAM%u00a0: Patrice, vous faites le travail de finition?P. P.%u00a0: Oui, la peinture, les fonds, les d%u00e9cors, les patines, tout ce qui fait que la restauration ne se voit plus.Je fais des essais, en m%u00e9langeant des pigments dans du vernis pour retrouver la couleur identique. La couleur de fond est projet%u00e9e %u00e0 l%u2019a%u00e9rographe, %u00e7a %u00e9vite les coups de pinceaux. Puis je r%u00e9alise les d%u00e9cors, les finitions, comme les effets de craquelures, au pinceau. On fait des recherches pour trouver les meilleurs vernis, %u00e7a %u00e9volue. Avant, ils %u00e9taient plus p%u00e2teux aujourd%u2019hui ils sont %u00e0 l%u2019eau, comme ce qui est utilis%u00e9 pour les hors-bords ou les Formules Un. Ils sont tr%u00e8s r%u00e9sistants et offrent un bon fini.CAM%u00a0: Quelle est la pi%u00e8ce la plus importante que vous ayez restaur%u00e9e? R. P.%u00a0 : La plus spectaculaire, %u00e9tait un lustre en porcelaine de la manufacture Meissen qui %u00e9tait tomb%u00e9 du plafond. Un m%u00e8tre cinquante de haut, 22 branches d%u00e9cor%u00e9es de bouquets de fleurs. %u00e7a nous a pris plus d%u2019un an. Il %u00e9tait magnifique. Meissen, c%u2019est le sommet de l%u2019excellence, ils ont le meilleur kaolin du monde. On a aussi eu une belle fontaine de jardin d'hiver en Longwy. Une pi%u00e8ce tr%u00e8s rare de 1880. Elle %u00e9tait tr%u00e8s grande, sur un pi%u00e9destal, en style asiatique travaill%u00e9e comme en Chine. On a d%u00fb refaire une importante partie du bord en relief. Un travail tr%u00e8s d%u00e9licat.CAM%u00a0: Vous restaurez aussi des pi%u00e8ces contemporaines?R. P.%u00a0: On en fait r%u00e9guli%u00e8rement. Avec les avantages et les inconv%u00e9nients. C%u2019est l%u00e0 qu%u2019on voit l%u2019%u00e9volution de la technique. C'est un peu triste, parce que je vois de jeunes cr%u00e9ateurs qui jouent aux apprentis sorciers. Il y a des r%u00e8gles de travail et de cuisson %u00e0 respecter. Parfois, c'est un peu n'importe quoi. Il faut voir si %u00e7a va tenir dans le temps.CAM%u00a0: Quelle est l%u2019%u00e9volution du march%u00e9, s%u2019int%u00e9resse-t-on encore aux pi%u00e8ces anciennes?R. P.%u00a0: Les gens ach%u00e8tent moins les classiques. Tout ce qui est Vieux Delft, Vieux Bruxelles, ce qui est XVIIIe, XIXe, les gens n'en veulent plus. Il y a 20 ans, une pi%u00e8ce exceptionnelle de la manufacture Dagoty, %u00e9poque Napol%u00e9on, fin XVIIIe- d%u00e9but XIXe se vendait dans la demi-heure, aujourd%u2019hui personne n%u2019en veut.Par contre, les Picasso sont de nouveau %u00e0 la mode. Quand j'%u00e9tais jeune, on avait une de ses plus belles cruches pour 30.000 FB. Maintenant, c'est 70.000 - 80.000 %u20ac. 29