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17Ci -contre : Alexander van Bredael, Ommegang avec le g%u00e9ant Druon Antigone sur le Meir (1697), Mus%u00e9e de l'Hospice Comtesse %u00e0 Lille. (D.R. Grand Palais Rmn, photo : St%u00e9phane Mar%u00e9challe)F%u00eates et C%u00e9l%u00e9brations flamandes,Brueghel, Rubens, Jordaens%u2026Le Palais des Beaux-Arts de Lille nous propose une immersion dans l%u2019univers de la f%u00eate dans nos r%u00e9gions aux XVIe et XVIIe si%u00e8cles. Alors que le contexte international d%u2019aujourd%u2019hui est loin d%u2019%u00eatre au beau fixe, le choix du sujet peut sembler surprenant. C%u2019est oublier un peu vite que l%u2019%u00e9poque a %u00e9t%u00e9 qualifi%u00e9e de \ de malheur\rapines et exactions, les conflits religieux font rage, les %u00e9pid%u00e9mies d%u00e9ciment les populations. Bref, les temps sont troubl%u00e9s. On le voit, il existe bien un parall%u00e8le entre notre %u00e9poque et cette p%u00e9riode d%u2019infortune et de calamit%u00e9. Les f%u00eates r%u00e9pondent %u00e0 deux imp%u00e9ratifs. Elles constituent un moment de sociabilit%u00e9, elles ont pour but de cr%u00e9er et d%u2019entretenir le sentiment d%u2019appartenance %u00e0 une communaut%u00e9. Elles offrent la possibilit%u00e9 d%u2019une respiration, elles mettent le quotidien entre parenth%u00e8ses et constituent la manifestation de r%u00e9jouissances tr%u00e8s bienvenues. Comme le rel%u00e8ve dans la pr%u00e9face du catalogue Martine Aubry, maire de Lille, elles sont \collective, une fa%u00e7on de conjurer la peur en c%u00e9l%u00e9brant ensemble la joie de vivre\rituel social et d'exutoire. Alors m%u00eame que se d%u00e9roulent les affres de la guerre, la f%u00eate repr%u00e9sente un moment capital pour rel%u00e2cher les tensions et renforcer le tissu social. Elle permet simplement de \L%u2019exposition explore les diverses significations de l%u2019imagerie festive. Aux PaysBas, l'%u00c9tat spectacle puise abondamment dans les coutumes locales, faisant des solennit%u00e9s un moyen d%u2019affirmer l%u2019autorit%u00e9 et le pouvoir. Les multiples repr%u00e9sentations de ces c%u00e9l%u00e9brations nous montrent aussi comment l'%u00c9tat et l'%u00c9glise tentent, %u00e0 cette %u00e9poque, de r%u00e9guler les exc%u00e8s et les d%u00e9bordements. Malgr%u00e9 cela, l'aspect ludique et divertissant des f%u00eates perdure jusqu%u2019%u00e0 aujourd%u2019hui et les gens du nord, familiers de leur vocabulaire, en comprennent imm%u00e9diatement la port%u00e9e.Dans nos imaginaires, les f%u00eates flamandes ne manquent pas d%u2019%u00e9voquer des sc%u00e8nes truculentes de festins et des repas pantagru%u00e9liques telles que Pierre Brueghel ou Jacques Jordaens ont pu les immortaliser. Les personnages y dansent, jouent de la musique (on entendrait presque le son nasillard des cornemuses), l%u00e8vent leur chope et go%u00fbtent pleinement aux plaisirs de la vie.