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Place afin de se laisser photographier. L'ann%u00e9e prochaine, on mettra cette pr%u00e9sentation sc%u00e9nique un peu plus en forme. Le probl%u00e8me est que ce groupe est tr%u00e8s appr%u00e9ci%u00e9, c'est un panel de couleurs mais on le voit mal parce que les participants sont tr%u00e8s serr%u00e9s sur l%u2019estrade. On leur propose aussi d'%u00eatre dans la cour du Sablon et l%u00e0, ils vivent tr%u00e8s bien l%u2019Ommegang. Quand on rentre sur la Grand-Place, on est vraiment englouti dans cette atmosph%u00e8re, comme aval%u00e9. Actuellement, je ne vis plus %u00e7a parce que je suis %u00e0 mon pupitre %u00e0 l'entr%u00e9e de la rue Charles Buls. Mais quand j'entends arriver le cort%u00e8ge, j%u2019%u00e9prouve un frisson : c%u2019est, pour moi, le plus beau moment.CAM : Il y a des habitu%u00e9s, des gens qui reviennent r%u00e9guli%u00e8rement, ce sont de vrais Bruxellois? M.-P. P. : Ce sont des personnes attach%u00e9es %u00e0 cette tradition sp%u00e9cifique, %u00e0 ce qui se passe sur la Grand-Place %u00e0 ce moment pr%u00e9cis. Ce peut %u00eatre des Bruxellois, mais pas forc%u00e9ment. Je reconnais quelquefois les voix des habitu%u00e9s au t%u00e9l%u00e9phone. Les vrais habitu%u00e9s le sont via leur participation %u00e0 l%u2019%u00e9v%u00e9nement. Mais l'Ommegang doit appartenir %u00e0 tout le monde qu%u2019on soit bruxellois, belge, flamand, europ%u00e9en ou japonais. Mon d%u00e9sir personnel a toujours %u00e9t%u00e9 de faire un Ommegang pour les enfants. Ce serait une mani%u00e8re de transmettre. Il faut passer par les jeunes, ce qu'un enfant vit, est ancr%u00e9 en lui et comme disait Kofi Annan, ce sont les mamans et les enfants qu'il faut toucher. CAM : Depuis que tu es l%u00e0, as-tu vu une %u00e9volution? M.-P. P. : Je ne la vois pas mais certaines personnes nous le disent, comme certains chefs de groupe. C'est tr%u00e8s important d%u2019avoir cr%u00e9%u00e9 des r%u00e9unions avec tout le monde. Ce partage d%u2019avis, d%u2019id%u00e9es, de participation au sc%u00e9nario fait %u00e9voluer les choses. C%u2019est stimulant, j'adore ce que je fais et pour moi, ce n'est pas un m%u00e9tier, c'est une passion. Les choses %u00e9voluent, peut-%u00eatre que les outils changent aussi, peut-%u00eatre qu'on a plus d'audace. On ose sortir de son confort, raison pour laquelle on a os%u00e9 faire venir les jongleurs de feu.CAM : Quel est votre plus grand ennemi? C'est la pluie? M.-P. P. : Ce peut %u00eatre la pluie. Mais il faut continuer et nous avons le jour off entre les deux repr%u00e9sentations pour rem%u00e9dier aux d%u00e9g%u00e2ts. Pour le spectateur, c'est une catastrophe parce qu%u2019il fuit d%u00e8s qu'il y a une goutte. Un jour, une seule personne est rest%u00e9e dans la tribune, une seule, vous imaginez? Daniel est all%u00e9 la f%u00e9liciter. Mais les anciens drapeaux en soie qui %u00e9taient peints (maintenant ils sont imprim%u00e9s), avaient perdu leurs couleurs, c%u2019%u00e9tait triste. 20

