En accueillant les collections de Pierre-Yves
Renkin, le Centre Albert Marinus met cette fois en évidence
les centres d'intérêt d'une personnalité
hors du commun dont la curiosité, l’originalité
et le talent sont les caractéristiques premières.
En effet, dès l’adolescence, Pierre-Yves Renkin
se passionne pour la représentation des animaux et s’intéresse
à cette technique souvent considérée comme
étrange qu’est la taxidermie.
Engagé à 19 ans par l'Institut des Sciences naturelles
de Bruxelles, il se forme au métier et participe à
la constitution des importantes collections mammologiques et
ornithologiques de l'institution. Il y reste neuf ans avant
de s'établir à son compte en reprenant les ateliers
des maisons De Turck et Van Tieghem à Bruxelles.
A cette époque (1988), il répond aux sollicitations
des médias en réalisant des animaux destinés
à figurer dans des publicités. Il crée
alors des images percutantes qui mettent en scène, ici,
un toucan au bec noué, là, une abeille muselée
ou là encore, une girafe pénétrant dans
une voiture. Son habileté et son extraordinaire maitrise
font merveille. Les firmes les plus célèbres et
les plus exigeantes ont recours à ses talents en lui
confiant des campagnes insolites et déconcertantes.
Désormais reconnu dans le monde entier, il mène
alors de activités scientifiques et artistiques diverses,
se transformant suivant les moments en chasseur de libellules
ou en passionné de fontaines du XVIIIe siècle.
Mais il n’oublie pas ses premières amours, la sculpture
animalière et la taxidermie, et présente ses réalisations
dans les concours internationaux où il collectionne les
prix. Ainsi, en 1998, année de la commémoration
de François Pompon, trois de ses sculptures sont présentées
au Salon des Artistes naturalistes. Cette participation retient
l’attention des dirigeants du Museum d’Histoire
naturelle de Paris qui le sollicitent pour une collaboration.
Celle-ci dure encore aujourd’hui.
En 2002, il devient responsable de la partie naturaliste du
Zoo d’Al Wabr au Qatar. Il est retenu comme expert pour
toutes les opérations effectuées par l’institution
qui acquiert aussi bon nombre de ses réalisations.
Malgré le fait que Pierre-Yves Renkin soit un habitué
des galeries, des expositions et des biennales, sa notoriété
reste l’apanage d’un cercle d’initiés.
Peut-être ses saisissantes reconstitutions du dodo (raphus
cucullatus), animal disparu de l’île Maurice, fruit
de longues et savantes recherches effectuées dans le
monde entier, lui vaudront d’élargir son cénacle
d’afficionados et de faire connaître son extraordinaire
talent au plus grand nombre. Quoiqu’il en soit, l’exemplaire
de l’oiseau, réalisé en 2008 et présenté
depuis à l’admiration des visiteurs du Museum d’histoire
naturelle de Paris, fascine et subjugue par cette incontestable
qualité qu’est la résurrection, menée
à bien, d’un monde disparu …