| Pourquoi
cette exposition ?
Une fillette traverse la forêt pour apporter
à sa mère-grand des galettes et un petit pot de
beurre. Chemin faisant, elle rencontre un loup qui s’enquiert
de sa destination... On connaît la suite de l’histoire,
ou devrait-on dire les suites. En effet, le Petit Chaperon rouge
se décline en multiples versions. Charles Perrault qui
l’introduit à la fin du XVIIe siècle dans
le beau monde de la cour et de salons parisiens en donne une issue
tragique, destinée à faire réfléchir
les imprudentes et les bavardes. Au XIXe siècle, par contre,
les frères Grimm optent pour une fin heureuse : ils ressuscitent
l’héroïne et son aïeule fort opportunément
sauvées par un chasseur justicier.
L’énorme succès de ces
ouvrages occulte désormais l’existence des nombreuses
versions liées à la tradition orale. Car si des
auteurs prestigieux ont à jamais fixé le récit,
il existe néanmoins de nombreuses variantes appartenant
non seulement à l’Europe, mais aussi au monde entier.
L’universalité des contes prouve à suffisance
que ces histoires ont voyagé au cours des temps : elles
ont suivi les caravanes et les navires, portées par les
marins, les voyageurs et les marchands.
Ainsi la Chine connaît, elle aussi, une version du conte
plutôt semblable aux récits populaires collectés
dans nos régions, si ce n’est qu’elle inverse
les rôles initiaux. Elle met en scène une grand-mère
désireuse d’aller visiter ses trois petites filles
livrées à elles-mêmes. Le loup dévore
l’aïeule et utilise ses vêtements afin de duper
les enfants. Mais celles-ci le démasquent très vite
et prennent la fuite prétextant un besoin urgent.
Le Petit Chaperon rouge est sans conteste un conte initiatique
et certainement l’un de ceux qui font le moins appel au
surnaturel. Il appartient à notre enfance et nul ne peut
prétendre l’ignorer. Inlassablement repris au fil
des siècles, le Petit Chaperon rouge a été
abondamment édité, illustré, mis en scène
et décliné sur tous les supports. Célébré
par des talents aussi reconnus que Gustave Doré ou Georges
Méliès, utilisé par les publicitaires, il
figure sur nombre d’objets du quotidien.
Fidèle à ses objectifs, le Centre Albert Marinus,
a mis en évidence les différentes facettes de cette
histoire extrêmement violente que l’on raconte aux
enfants, en donnant une définition du conte, en montrant
les influences des différents auteurs et des versions orales,
en expliquant l’importance de l’illustration et en
exposant dans un décor original de nombreux témoignages
liés à ce grand classique.
Car le Petit Chaperon rouge constitue l’exemple idéal
pour commenter les passages de l’oral à l’écrit
et du texte à l’image.
Gravures, peintures, livres, jouets, publicités et objets
prouveront à travers le modèle du Petit Chaperon
rouge l’importance et la place des contes dans notre culture
jusqu’à aujourd’hui.
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Gustave Doré

Clark & Pougnaud

Isabelle
Van Assche
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